De Diên Biên Phu à Sapa

 

Nous avons quitté le Laos pour le dernier pays de notre voyage : le Vietnam. Nous sommes arrivés mardi 24 avril, en début d'après-midi, à la ville frontalière de Diên Biên Phu, célèbre pour la bataille qui avait opposé les forces françaises et les forces Viêt Minh, en 1954. Nous n'y restons qu'une nuit et, le lendemain, nous partons en direction de Sapa, ville touristique du nord-ouest du Vietnam, fondée par les français en 1922.

 

Pour y aller, nous prenons un mini-bus, avec comme passagers d'autres Laotiens ainsi que... des sacs de patates et de riz, d'écorces, des fruits, des lettres, un sac de trotinettes et même un bac d'eau avec des poissons. C'est après huit heures de routes que nous arrivons à Sapa, située dans les montagnes.

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La grande place, au centre de Sapa

Après une nuit bien méritée, nous découvrons la ville, ses hôtels et restaurants pour touristes. C'était aussi l'occasion pour Charles de s'essayer au coiffeur vietnamien qui s'avérera être une bonne surprise compte tenue de l'utilisation presque exculsive du rasoir électrique.

Après quelques jours à Sapa, nous prenons les vélos pour aller, à une heure de route, au village de Ta Van. Nous y allons plus pour la vue que pour l'authenticité, car le village s'apparente à un petit disneyland. La plupart des habitations sont des hôtels ou guesthouses et les Hmongs (la minorité ethnique qui y vit), habillés dans leurs tenues traditionnelles, suivent les touristes pour leur vendre bracelets et tissus.

 

Une nouvelle boucle à scooter au départ de Ha Giang

 

Cette paranthèse fermée, nous partons ensuite pour Ha Giang, ville du nord. La région est moins touristique et propice aux ballades à scooter, à la découverte du paysage, et aux rencontres avec un peuple souriant.

 

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Une heure après avoir quitté Sapa, le mini-bus (plus si mini avec ses 35 passagers à bord) crève... une première fois, puis une deuxième. Lorsqu'il s'est agit de passer un col, le mini-bus est resté en première et, une fois arrivé en haut, crève une troisième et dernière fois. Cette fois-ci, le temps que le réparateur arrive, une famille nous héberge dans sa maison, à l'abri du soleil. Cette petite pause amicale terminée, nous arrivons finalement à Ha Giang.

 

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Un lac à côté du village communautaire

Après une nuit dans la ville, nous partons, jeudi 3 mai, à scooter pour effectuer une boucle dans le nord, à la frontière avec la Chine. Notre première étape est Tam Son. Nous y passons une nuit et, la journée, nous découvrons un village communautaire, Nam Dam, bien moins touristique que les environs de Sapa, voir pas du tout. Et petite suprise, dans cette région du nord du Vietnam, il n'est pas rare de voir les hommes porter... un béret basque ! Souvenir du protectorat français.

 

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Jeudi, nous avons continué la route, avec des paysages grandioses à perte de vue. Nous avons également eu un petit imprévu. Jamais trois sans quatre et cette fois-ci c'est la roue arrière de notre scooter qui a crevé. Heureusement, nous étions proche de la ville de Yen Minh et nous avons facilement trouvé un garagiste qui a changé la roue de notre monture, prête désormais à poursuivre son périple dans les montagnes !

 

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Samedi, nous sommes allés dans un petit palais, perdu dans le creux des montagnes, à l'écart des routes. Il a été construit au début du XXe siècle par un riche marchand et cultivateur, Sa Phin, qui a fait fortune dans la vente d'opium principalement, une plante toujours cultivée dans la région par certaines ethnies. L'architecture est d'influence chinoise, en contraste avec les maisons vietnamiennes.

 

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Après cinq jours de boucle, nous avons découvert des paysages incroyables avec les collines escarpées, les roches noires qui parsèment le décor, avec des routes de montagne plus ou moins cahoteuses qui se perdent dans la brume. La plantation est difficile dans cette région tant le sol est rocheux, ainsi, les champs sont cultivés en plateau, partout où cela est possible, même à flanc de montagne avec des dénivelés extrêmes. Mais plusieurs communautés ont dompté ce lieu. Majoritairement d'origines chinoises, les membres de ces ethnies sont vêtus de tissus colorés ce qui permet de les distinguer au loin dans les montagnes. Les femmes font de nombreux kilomètres à pied, chaque jour, pour aller du village aux champs ou bien sur les marchés. Un véritable retour dans le temps. Les scooters se font rares et c'est à la force des buffles et des araires, un instrument de bois ancêtre de la charrue, que sont creusés les sillons dans la terre humide des champs.