N. B. : La connexion internet au Laos étant très limitée, c'est avec un peu de retard que nous postons le nouvel article du blog :)

 

Le plateau des Bolavens et ses rencontres

Après ce petit séjour aux 4.000 îles, nous sommes partis, vendredi 30 mars, à Paksé ville un peu plus au nord bordée par le Mékong. C’est le point de départ d’une boucle sur le plateau des Bolavens, connu pour ses nombreuses cascades. Dès le lendemain, nous sommes partis sur nos scooters avec trois autres français, Mathilde, Valérian et Max, rencontrés lors de notre aventureuse sortie kayak (aux 4.000 îles), qui ont un parcours similaire au nôtre pour le Laos.

 

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En fin de journée, nous sommes allés nous baigner dans une cascade, à Tad Lo, où les Laotiens viennent aussi se rafraîchir, à proximité de notre arrêt pour la nuit : la Palamei Guesthouse. Charmés par l’endroit, nous décidons d’y rester une deuxième nuit.

 

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En effet, chaque soir, la guesthouse propose de participer à la préparation du repas servis ensuite aux voyageurs et à la famille laotienne qui gère cet endroit, autour d’une grande table. D’autant que le propriétaire compte pas moins de neuf enfants, qu’il a, pour la plupart, adoptés alors qu’ils étaient abandonnés ou orphelins. Lui-même orphelin, il veut leur accorder un meilleur avenir en leur permettant d’aller à l’école ou en accueillant une professeure d’anglais volontaire pour qu’ils en apprennent la langue.

Une autre rencontre très humaine a eu lieu le lendemain, dimanche, avec M. Hook, guide du village animiste à Kok Phoung Tai (la croyance dans les esprits de la forêt et des animaux). L’ethnie a laquelle il appartient est originaire de l’Inde. D’abord nomades, ils s’installeront au Cambodge mais devront fuir le pays lors de la colonisation française. Installés ensuite à la frontière vietnamienne, ils devront la quitter lors de la guerre avec les Etats-Unis, les conduisant ainsi au Laos. Leur croyance est essentiellement basée sur la nature et ce qui les entoure. Le chef du village est appelé le gourou, connaisseur des coutumes et traditions et capable de magie. Il existe ensuite les shamans, qui pratiquent la médecine par les plantes et les mediums, des femmes possédées par des esprits.

 

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M. Hook est l’un des seuls de son village à être allé à l’école, par « feignantise » selon lui pour éviter de travailler au village. Pourtant, il y restera près de huit ans, et cela bien que ses parents essaient de l’en empêcher. Etant l’un des rares à parler anglais, il décide d’accueillir les touristes. Une opportunité, pour lui, d’assurer un revenu au village mais aussi de faire découvrir le monde extérieur à ses habitants. En effet, certains ne quittent le village qu’une fois par an, pour aller au marché d’à côté. D’ailleurs, pour les habitants, nous, voyageurs, venons d’un même pays, l’USA, et si nous avons les cheveux blonds, c’est à cause du vin que nous buvons, les yeux bleus à cause du soda et si nous sommes grands c’est à cause des baguettes de pain que nous mangeons. Comme ils ne croient que ce qu’ils voient, ils affirment également que la terre est plate et que c’est le soleil qui tourne autour de la terre.

Au cours de la visite, Mr Hook s’est essentiellement attardé sur leur principale activité, la plantation de café, qu’ils servent ensuite aux touristes dans… du bambou. Il nous a ainsi expliqué les ficelles de l’exploitation du café, en passant par les types, les origines ou les périodes propices à la plantation.

 

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Le lendemain, lundi, nous enfourchons à nouveau nos scooters pour terminer la boucle du plateau des Bolavens. Après une route longue et qui s’apparente plus à un chemin de terre traversant les villages du centre du plateau, nous découvrons une autre cascade, haute de 80 mètres. Puis, dernier arrêt avant de quitter le plateau, une cascade plus petite, Thamchampy, mais entourée de végétations, et qui ferait presque penser à un film d’aventure. D’ailleurs, nous avons emprunté une petite embarcation de fortune, tirée par une corde, pour aller jusqu’au pied de la cascade.

 

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Après cette dernière étape, nous retournons à Paksé. Mais dès le lendemain, nous prenons un bus pour continuer notre route vers le nord, avec Thakhek, qui comprend aussi une boucle à faire en scooter.

 

 La nature sauvage de Thakhek

 

Nous ne nous arrêtons que le temps d’une nuit, à Thakhek. Mardi, nous déposons nos affaires à l’agence de scooter et partons ensuite sur nos montures mécaniques pour effectuer une nouvelle boucle, plus grande que la précédente. Mais pour quitter Thakhek, nous jouons au chat et à la souris. L’agence nous a donné une carte indiquant la route à suivre pour éviter les nombreux contrôles policiers qui ont l’amende facile.

 

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Nous arrivons dans l’après-midi à notre première auberge, la Sabaidee guesthouse, après avoir serpenté à scooter dans les routes montagneuses pendant plusieurs heures. Une petite pause bien méritée qui nous permettra de nous exercer à la pétanque de l’auberge avec Mathilde, Max et Valérian. La convivialité était au rendez-vous ; autour d’un grand feu, nous avons profité du BBQ qui nous était proposé.

 

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Le lendemain, mercredi, nous sommes partis nous baigner aux Cool Spings, une piscine naturelle au pied des collines où les laotiens viennent pique-niquer et profiter de la fraîcheur de l’eau, se jetant des rochers. Nous nous sommes aussi laissés tenter par la liane à laquelle s’accrochent les laotiens pour se balancer et atterrir dans l’eau (avec plus ou moins de succès quant à l’imitation de Tarzan).

 

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Jeudi, une autre aventure nous attendait : la grotte de Konglor. Sur de petites barques de pêcheur, nous avons parcourus sept kilomètres, à l’intérieur de la grotte, dans une obscurité presque totale à l’exception de la lueur de nos lampes torches, bien faible en comparaison du gigantisme de la grotte.

 

 

Il nous faudra deux autres journées pour terminer la boucle de Thakhek, le mauvais temps étant de la partie. Notre dernier arrêt sera une autre grotte, plus petite, celle de Xieng Liap. Cette fois, pas de bateau. Munis de nos lampes torches, nous faisons un peu d’escalade et de marche à l’intérieur, jusqu’à déboucher, quelques minutes plus tard, sur quelques collines boisées et une petite plaine.

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Après ce grand air frais lors des deux boucles, nous continuons vers le nord, cette fois-ci dans les villes, pour fêter le nouvel an bouddhiste. Prochain article en l’an 2561 !